Comment faire un bon node tree sur Davinci Resolve
Comment faire un bon nodes tree sur Davinci Resolve
C’est une question qui n’aura de cesse d’être posée. Et à raison, puisque ses réponses sont aussi nombreuses qu’il y a de coloristes sur cette planète. Mais je vais ici vous proposer plusieurs arborescences, en commençant par la plus simple pour débuter la colorimétrie.
Mais retenez bien une chose : le plus important n’est pas votre structure, mais comment vous l’utilisez. Vous avez peut-être été intimidés par le nodes tree de certains coloristes sur des tutos YouTube, c’est normal, mais ne vous en faites pas, vous le serez beaucoup moins à la fin de cet article.
Qu'est-ce qu'un nodes tree (arbre à nœuds)
Si vous êtes nouveaux sur Davinci Resolve, vous pensez peut-être qu’on est ici pour parler botanique : pas du tout. L’arbre à nœuds, qu’on va appeler nodes tree, c’est l’organisation élaborée par Black Magic pour structurer l’étalonnage dans l’onglet couleur de Davinci. C’est l’équivalent des calques sur premiere pro, mais avec des avantages très importants que nous allons voir au fur et à mesure des présentations. Mais le premier étant la variété de nœuds :
- serial node (nœud série) : C’est le plus basique, il n’a rien de particulier, vous allez pouvoir mettre vos effets et corrections dessus
- Parallel node (nœud parallèle) : ce nœud sera créé en parallèle d’un nœud série, avec un parallel mixer, ce qui vous permettra de faire des ajustements différents sur plusieurs nœuds depuis l’image d’origine (ou du nœud précédent), plutôt que les uns à la suite des autres. le mixer va prendre un pourcentage équivalent de chaque nœud pour les « assembler ».
- Layer node (nœud de couche) : C’est assez similaire au parallèle, mais par superposition. Le nœud en dessous (dans l’ordre des raccords input, pas par rapport à leur placement dans la fenêtre), sera considéré comme étant superposé à celui en dessous. Ça pourra permettre de faire des sélections sur le nœud supérieur, ainsi que de modifier les options de fusion.
- outside node (nœud extérieur) : ce nœud permet d’avoir un masque inversé du nœud auquel il est relié. Très pratique car si vous modifiez le masque du nœud précédent, celui-ci va évoluer de la même manière.
Maintenant, voyons l’application, qui va permettre d’éclaircir quelques flous que vous pourriez avoir.
Créer son nodes tree
Avant de vous proposer des exemples, retenez bien que ce sont justement DES EXEMPLES. Le but est que vous ayez une base et que vous compreniez des applications concrètes des nœuds. Chaque professionnel a son propre nodes tree, correspondant à sa propre méthodologie et avec des ajustements en fonction des projets sur lesquels ils travaillent. Et le plus de Davinci est que vous pouvez enregistrer un node tree vierge de tout réglage pour le réutiliser comme base, plutôt que de le refaire pousser à chaque projet. Héhé pousser, parce que c’est un arbre, bref.
Ceci étant dit, si vous débutez sur Davinci Resolve, je vous conseille ceci :
Le node tree débutant
Ici le but est d’avoir quelque chose de très simple, rien de superflux. Le premier node que l’on va voir sera le 5ème, puisque ce sera un node de conversion lorsque cela est nécessaire. On va l’appeler CST (color space transform). Prenez d’ailleurs l’habitude de nommer vos nodes pour mieux vous y retrouver. On le met (presque) à la fin car on va convertir notre profil en REC.709, et on ne veut pas faire notre colorimétrie sur ce profil, mais plutôt sur le profil de la caméra, souvent plus intéressant.
1. Retour sur le premier node qui sera une réduction de bruit (NR pour Noise Reduction), on préfère le faire dès le début, je vous explique pourquoi plus bas. C’est réservé à la version Studio donc pour les autres, ne le mettez pas.
2. Ensuite vient le node des balance. C’est là où on va ajuster l’exposition globale de la prise, ainsi que sa balance des blancs. J’ai fait une vidéo sur comment bien le faire sur ma chaîne YouTube.
3. Le trosième node sera pour le contraste. C’est déjà une première étape de colorimétrie, contrairement au node précédent qui visait à étalonner, c’est-à-dire à rendre l’image comme elle aurait dû être dans la vraie vie (c’est très simplifié). Ici j’utilise la courbe personnellement pour un meilleur contrôle.
4. Là on va s’intéresser à la couleur avec un node de saturation. C’est sur ce nœud que l’on va régler la saturation de l’image SANS BLAGUE ???? Vous pouvez le faire avec le réglage de saturation du panneau primaire mais il existe d’autres méthodes que je vous confirai un peu plus bas.
6. On arrive sur le 6ème nœud, après le CST, qui sera un node d’effets. C’est ici que l’on va mettre nos effets de grain, de glow ou autre, qu’on ne veut pas faire passer dans le color space transform.
Et voilà ! Simple, rapide et efficace. Vraiment, si vous débutez, je vous recommande de rester sur des outils de base car on a vite fait d’utiliser trop de chose qu’on ne maîtrise pas tellement et qui nuit à notre image.
1. Notre premier node sera toujours une réduction de bruit, ça ne change pas
2. Le second node sera un CST in, c’est-à-dire un effet color space transform qui va faire passer le profil de celui enregistrer par la caméra à du Davinci Wide Gamut (DWG) et Davinci intermediate. Le but est de pouvoir faire notre colorimétrie sur ce profil très large. C’est très important à comprendre et à maîtriser, ce pourquoi j’ai fait une vidéo tuto complète sur la conversion.
3/4/5. Le troisième, quatrième et cinquième nœud seront comme au dessus la balance, le contraste et la saturation. Cependant, le nœud de saturation sera un peu différent, puisqu’on va le faire passer en HSV (clique droit -> espace de couleurs -> HSV) et décocher les canaux 1 et 3. Ne laissant donc que le canal S correspondant à la saturation. Ainsi on va pouvoir contrôler la saturation avec le gain et gamma primaire et avoir une saturation soustractive plutôt qu’additive, bien plus en accord notre perception réelle. J’ai fait une vidéo sur comment bien modifier sa saturation qui explique entres autres cette technique.
6. En sixième position vient un noeud de retouche de couleurs localisé. Celui-là, visant à toucher aux couleurs individuellement, est assez flexible mais personnellement je préfère utiliser le ColorSlice (ou DCTL Hue/Shift, aussi présenté dans la vidéo de saturation), ou le color Wrapper cependant un peu plus technique. Attention surtout à cette étape à respecter la profondeur des couleurs de la vidéo. Une vidéo en 8 bits risquera de vous donner des artefacts plus facilement que du 10 ou 12 bits.
7/8. Les nodes suivants seront pour les masques d’exposition, que l’on va mettre en parallèle. Pour ça on créer un node, et on fait clic droit -> nœud parallèle, et vous voyez que nous avons un parallel mixer. Vous pouvez ici mettre du vignettage avec un masque oval simple, sur un autre faire poper un sujet avec le magic mask, créer une sorte de faisceau lumineux avec un masque de forme, etc. Cet article n’est pas un tuto masque d’exposition donc je ne rentrerai pas dans les détails mais vous pouvez en mettre en parallèle autant que nécessaire.
9. En neuvième position, on va mettre le CST out, qui va lui faire passer du DWG au Rec.709.
10. Le (ou les) node d’effet comme au dessus (sauf ceux qui sont sur des bases de DWG comme, si sélectionné, l’halation)
C’est une structure qui reste assez simple mais qui sera très efficace, vous permettant de vous familiariser avec certains outils plus spécifiques.
Le node tree avancé
À ce stade, retenez bien que ce n’est qu’une suggestion – celle que j’utilise – puisque l’important est de coller avec notre workflow et nos projets. Je ne l’utilise d’ailleurs pas FORCÉMENT.
La première différence sera sur l’endroit où vous appliquerez vos ajustements. Je vous recommande d’utiliser les groupes pour accélérer votre workflow drastiquement, en regroupant les vidéos similaires. Je vous explique tout ça dans cette vidéo 👌
Commençons dans le pré-groupe :
1. Le premier node sera vous l’avez deviné une réduction de bruit.
2. Le second node sera également un CST in, toujours pour passer en DWG.
3. Un nœud de balance des blancs (toujours la même technique du nœud linéaire)
4. Un nœud d’exposition séparé où je vais utiliser la roue globale HDR pour l’exposition globale et, en fonction des besoins, les roues primaires. C’est également ici que je rattrape la neutralité de mes noirs avec la roue log shadow mais vous pouvez le faire sur un nœud séparé
5. La saturation globale, sur un nœud HSV en jouant sur le gain et le gamma comme au dessus
6. Je crée en général 3 nœuds parallèles, un pour le contraste (6) toujours avec les courbes, un pour les couleurs (7), avec le color slice ou color Wrapper toujours et un séparé pour la peau (8) puisque j’utilise parfois le qualifier pour autre outils de sélection pour ajuster la teinte mais aussi l’exposition. Si je veux appliquer d’autres ajustements comme un split toning avec mes courbes, je rajoute un nœud parallèle ici.
Maintenant je passe dans l’onglet du clip :
7. Je crée une fois de plus 3 nœuds parallèles, mais cette fois pour les masques d’exposition, avec :
- Un nœud pour un sujet que je veux détacher (9), en utilisant souvent le magic mask pour la sélection et les roues primaires pour l’exposition
- Un nœud avec une ellipse autour d’un élément important à détacher (10) + un nœud outside (11), sur lequel j’agis plus souvent pour baisser l’exposition avec les roues primaires
- Un autre nœud de masque d’exposition (12) que je laisse vierge en fonction des situations car c’est très fréquent que j’en utilise au moins un autre.
C’est uniquement donc pour les éléments situationnels, plan par plan. Là je passe sur l’onglet post-groupe :
8. Un nœud qui modifiera la texture, dont je ne me sers pas très souvent mais c’est à ce stade que je le mets. Ça peut être pour rajouter du blur sur des éléments, renforcer de la clarté, etc. Si vous avez envie de mettre un effet style halation, c’est le moment (en suivant ou à la place)
9. Le CST Out pour passer du DWG au Rec.709. Vous pourriez également à ce stade de connaissance utiliser des LUTs sur des bases de Cineon, auquel cas évidemment vous ne passez par le CST out en Rec.709 mais en Cineon.
10. Si vous optez pour un Lut en Rec.709 ou Cineon, c’est sur ce nœud que ce devra être mis
11. Et finalement, le nœud pour le ou les effets qui se mettent plutôt à la fin comme le grain
Vous pouvez également mettre tout ce qu’il y a après le CST out dans l’onglet timeline si tous les clips sont de la même caméra ⚠️ et qu’il n’y a pas d’autres éléments comme des adjustment clips ⚠️ (c’est pour ça que je ne le fais pas personnellement)
C’est un workflow plus complexe mais surtout plus adapté aux projets avec de nombreux clips. Vous pouvez évidemment l’adapter, car encore une fois c’est une suggestion et non LE NODE TREE ULTIME INDISPENSABLE POUR DEVENIR UN PRO COLORISTE ULTRA RICHE ET CÉLÈBRE. Très bon titre de vidéo cela dit.
Où mettre la réduction de bruit (Noise reduction)
Pour la réduction de bruit, vous verrez souvent des gens la mettre avant (comme je vous ai proposé) et parfois après. En réalité, les deux peuvent avoir du sens et pour moi ne s’appliquent pas de la même manière ni pour les mêmes raisons.
Pour principe de base, il vaut mieux faire sa colorimétrie sur une image plus clean, avoir une bonne fondation. C’est pourquoi je la mets en début de chaîne, avant même mon CST in. Cependant, si vous démarrez avec une bonne image mais qu’en augmentant notamment la saturation d’une couleur spécifique, avec par exemple le color slice, vous risquez d’amener du bruit dans cette couleur en particulier. Dans ce cas, vous pouvez préférer le mettre après, et pourquoi pas en sélectionnant la couleur avec un qualifier (ou une zone avec une fenêtre)
Surtout, retenez bien que peu importe où vous placez votre nœud de réduction de bruit, ne le placez pas dans un nœud parallèle. Ça s’applique à tous les effets modifiant la texture de l’image.
Télécharger les node trees
C’est très important de comprendre le node tree qu’on utilise, ce pourquoi je ne vous recommande pas de simplement télécharger un node tree sans explication. Mais une fois compris, pour vous faire gagner du temps je vous ai mis les presets en téléchargement sur le bouton en dessous. Après avoir dézipé vous n’avez plus qu’à glisser les fichiers .drx dans votre galerie et faire un album powergrade où les mettre, comme j’explique dans la vidéo 🥸
(Si cliquer sur le bouton ne fonctionne pas, faites clique droit -> enregistrer le lien sous… Je suis vidéaste, pas développeur web 🥲)