Gamma 2.2 ou 2.4 (et Rec.709-A?)
Gamma 2.2, gamma 2.4, Rec.709-A : que choisir
Que ce soit lors de l’exportation ou lorsque qu’on doit décider quoi mettre dans notre CST on se retrouve confronté à ce choix du gamma. Mais à quoi correspond-il ? Et c’est quoi cette histoire de gamma 1.96 ? C’est pour nous embrouiller c’est ça ? C’EST ÇA ???
Ne vous en faites pas, après cet article tout deviendra clair. Vous allez même comprendre pourquoi votre exportation ne ressemble pas à votre rendu dans le logiciel.
Qu'est-ce que le gamma
Gamma est l’acronyme pour « Courbe d’Interprétation de Tonalité ». Euh… ça marche pas du tout en fait. Mais l’idée est là : le gamma c’est la manière dont l’image va passer du noir au blanc. À ne pas confondre avec le Gamut qui est l’équivalent pour les couleurs. Cela se fait par une fonction, une courbe, comme le montre ce schéma ci-contre. Ça va donc avoir un impact sur le contraste et la luminosité du résultat.
Là normalement on comprend déjà un peu mieux cette histoire de gamma linéaire : la transition du noir au blanc va se faire linéairement, de la même manière peu importe à quelle niveau nous sommes.
Mais n’est-ce pas ainsi que la vie devrait être ? Pourquoi en existe-il d’autres ?
Gamma 2.2, 2.4, 2.6 ?
Si on n’utilise pas de gamma linéaire, c’est déjà parce que nos yeux ont eux-même un gamma non-linéaire. Bizarre ? Pas tant. Si vous avez une ampoule allumée dans votre pièce et que vous allumez une seconde similaire, vous n’allez pas voir 2x plus clair. Quel enfer ce serait. C’est pour la même raison que quand vous allumez une lumière dans le noir et en plein jour, l’impacte n’est pas le même.
C’est pour reproduire ça que nos écrans et appareils n’utilisent pas de courbe linéaire. Et la courbe « idéale » va être différente en fonction de l’environnement dans lequel vous regarderez la vidéo, car comme vous pouvez voir sur cette illustration, le même gris ne va pas vous paraître de la même luminosité du fait de son environnement.
Gamma 2.2
Le Gamma 2.2 est celui qui sera le plus utilisé pour le quotidien : media lu sur votre téléphone dans le bus, votre ordinateur dans un café, votre apple watch dans l’espace… (Hé je connais pas votre rythme de vie hein). Bref un environnement à priori assez lumineux. Donc pour faire simple : vos vidéos destinées aux réseaux sociaux, YouTube, etc. pourront être travaillées et exportées en gamma 2.2.
Gamma 2.4
Le gamma du brodcast. Il sera à destination des contenues diffusés sur des télévisions, car souvent regardées dans un environnement plus sombre (le petit épisode Netflix en début de soirée qui se finit en réalité 3 saisons plus tard à 4h du mat on connait).
Il sera plus contrasté et plus sombre dans sa globalité. En général, si vous devez travailler et exporter en 2.4, vous le savez.
Gamma 2.6
Toujours plus contrasté, toujours plus sombre : le gamma du cinéma. Je ne sais pas si vous avez remarqué mais dans un salle de cinéma il fait LÉGÈREMENT sombre. En tous cas quand y’a pas Stéphanie qui décide de regarder ses notifications en plein milieu de la salle ON S’EN FOUT DE TON FIL D’ACTUALITÉ FACEBOOK STEPH. Alors pour s’adapter, le gamma 2.6 sera celui à choisir. Et une fois de plus, vous saurez quand vous devrez l’utiliser je pense.
Rec.709-A
Vous avez peut-être déjà entendu parler du Rec.709A, disponible dans la liste lors de l’exportation. Si vous n’êtes pas familier avec la notion d’espace colorimétrique, il s’agit du « milieu » dans lequel vous allez travailler votre image et la visionner. Et le milieu le plus standard des moniteurs est le Rec.709.
Le Rec.709-A est un espace indiquant aux lecteurs avec ColorSync (Quicktime) d’interpréter le gamma en 1.96 afin d’avoir le même affichage sur les appareils, assez répandus il me semble, Apple. D’où le « A », enfin je suppose.
Ce sera du Rec.709 en gamma 2.4, une solution apportée par Davinci Resolve pour corriger le décalage connu et problématique entre les appareils Apple et les autres. Mais ce choix est désormais moins utile depuis la MAJ 20.2.2 de DaVinci, pour ça je vous renvoie à ma vidéo un peu plus haut.
Au final, lequel choisir
Okay, je vais mettre toute partie technique de côté pour parler d’expérience et de choses concrètes.
Déjà, si vous DEVEZ travailler et exporter en Gamma 2.4 ou Gamma 2.6, comme je vous l’ai dit vous êtes probablement au courant. Il y a de fortes chances que vous soyez sur un projet d’équipe avec des instructions à suivre, spécifiant l’output gamma.
Dans le reste des cas, si vous travaillez sur Davinci Resolve, je vous conseille de soit tirer partie du Rec.709-A, soit de bien cocher la case dans vos réglages pour utiliser le Rec.709 (scene). Encore une fois, voir ma vidéo pour plus de détail. Autrement, utilisez plutôt le gamma 2.2 si le contenu va être publié sur les réseaux… Sauf si vous préférez le rendu de votre colorimétrie en gamma 2.4. Parce qu’après tout ce n’est pas parce que un gamma est plus adapté sur le papier que dans la réalité il embellira votre image.
La solution alternative aux vidéos flat
Si vous travaillez sur premiere pro, vous n’avez pas (encore) la possibilité d’exporter en Rec.709-A. Mais comme dans tous les cas vous faites probablement une colorimétrie approximative dessus c’est pas un drame (Ouuuuh la balle perdue pour premiere 👀). L’alternative à cela est de mettre une lut de conversion qui va faire correspondre votre résultat finale à votre colorimétrie dans le logiciel. Pour ça lors de l’exportation vous allez dans l’onglet effets et insérez la lut que vous pouvez télécharger un peu plus bas, tout simplement.
Le problème de cette solution c’est que si vous regardez la vidéo sur un appareil sans ColorSync, vous aurez l’effet inverse : une vidéo trop contrastée. Alors vous pouvez partir du principe qu’il y aura une majorité d’appareils Apple qui liront votre vidéo, ou alors laisser une vidéo un peu fade en exportation… À vous de voir !
Anecdote de fin
La roue gamma des primaires correspond aux tons du milieu, si vous la bougez que remarquez vous ? Hé bah oui, la courbe va se comporter de la même manière que la courbe d’interprétation des gamma.
J’ai jamais dit qu’elle allait être intéressante l’anecdote