4:2:2 vs 4:2:0, 10 bits vs 8 bits, que choisir ?
4:2:2 vs 4:2:0, 10 bits vs 8 bits, que choisir ?
Vous n’arrêtez pas d’entendre votre pote se vanter de la profondeur de couleurs de sa nouvelle caméra 8k 90M de pixels blablabla alors qu’en vrai vous n’avez jamais pu le pifrer. Mais pour ne pas passer pour un inculte, vous vous êtes quand même demandé ce qu’il voulait dire par dibeat. Déjà il voulait dire « 10 bits », ensuite, vous êtes au bon endroit pour comprendre la subtilité des choix de codec vidéo. Et si vous ne savez pas lire, vous avez la version vidéo en bas de cet article 🍿
Un choix de compression à faire
Lorsque vous regardez vos choix en terme d’enregistrement vidéo sur votre caméra, vous allez avoir un choix de format (comme XAVC S 4k sur un A7SIII) ainsi qu’une série de chiffres, comme 140M 4:2:2 10 bits. Ce choix va être déterminant dans la qualité de la vidéo, notamment ce « 140M », désignant le bitrate, ou débit binaire, mais ça n’est pas le sujet ici, j’en ai fait tout un article.
On va s’intéresser aux autres informations.
À priori, on ne voit pas une grosse différence, si ce n’est que les vagues suivent leur mouvement et les nuages le vent
8 bits, 10 bits, 12 bits, 16 bits ou 9210384792 bits (??)
C’est la partie la plus facile à comprendre. On va parler tout au long de cet article en RVB, désignant vous le savez probablement du Rouge Vert & Bleu, les trois couleurs primaires dont peuvent découler l’intégralité des autres couleurs en en mixant certains tons. Le choix du nombre de bits va indiquer le nombre de tonalités possibles de chaque canaux (RVB).
Quand choisir du 8bits
Plus concrètement, le 8bits permet d’avoir 256 tons par canal. On pourra donc mixer jusqu’à 256³ tons, donc 256 x 256 x 256 = 16 777 216. 16,7Mn de couleurs c’est déjà pas mal non ? Et bien si on ne fait pas de colorimétrie, oui c’est déjà pas mal, ça sera évidemment bien plus que suffisant pour vos vidéos souvenir de repas de famille.
Quand choisir du 10bits
Si 16,7 millions de couleurs paraît pas mal, le 10 bits offre 1024 tons par canal. Donc 1024 x 1024 x 1024 = 1073741824. Ouais ça commence à faire pas mal plus d’1 milliard. Et c’est la capacité classiques des caméras semi-pro/pro actuelles comme la Sony Fx3, le Canon R5, etc. La différence en post-production se fera réellement sentir. Quand je suis passé de l’A7III en 8bits à la Fx3 en 10bits, j’avais l’impression de redécouvrir la colorimétrie. Étape que j’affectionne particulièrement de la post-production. Alors si vous comptez passer par là et avez le choix, n’hésitez pas à opter pour du 10bits.
Quand choisir du 12 ou 16bits
Tous les jours de votre vie si vous en avez la possibilité. Cette profondeur est généralement réservée aux caméras pro destinées aux courts et longs métrages. Pour un ordre d’idée, le 16bits vous apporte 281 474 MILLIARD. DE. COULEURS. Là on se dit que 16,7 million c’est pas tant.
4:4:4, 4:2:2 ou 4:2:0, une compression des couleurs



Alors, pour comprendre ça, le plus simple c’est de vous expliquer ça avec des ✨ tableaux ✨. Ces chiffres rentrent dans un ensemble de 8 pixels, divisés en 2 lignes de 4. Le premier correspond au nombre d’information de luminance par ligne, le deuxième au nombre d’information de RVB pour la ligne A et le troisième au nombre d’information de RVB pour la ligne B.
Je vais vous expliquer ça d’ailleurs avec le RVB et non la chrominance (YCbCr) mais la logique est la même.
Le 4:4:4, l’incompressé eternel
Le 4:4:4 est un format RAW, c’est-à-dire sans compression. Cela veut donc dire que tous les pixels continent toutes les informations :
- 4 de luminance par ligne ;
- 4 de RVB sur la ligne A ;
- 4 de RVB sur la ligne B.
Les compressions en 4:2:2 et 4:2:0
Sur la logique du paragraphe précédent, le 4:2:2 correspond à :
- 4 de luminance par ligne ;
- 2 de RVB sur la ligne A ;
- 2 de RVB sur la ligne B.
Et le 4:2:0 à :
- 4 de luminance par ligne ;
- 2 de RVB sur la ligne A ;
- 0 de RVB sur la ligne B.
Donc on aurait des pixels sans aucune information de couleur ? Et bien oui et non. Car si seulement 1 pixel sur 4 n’avait pas de couleur, ça se verrait. Ce qui se passe c’est que l’appareil va prendre les informations des pixels adjacents pour combler les vides. On a d’ailleurs une alternance entre les pixels sans info et avec info.
Pourquoi ne pas juste avoir du 4:4:4 me diriez vous ? Hé bien pour un souci de taille de fichier et de limitations techniques. Et au final la différence visuelle est très faible, si ce n’est pas carrément imperceptible. À quoi sert le RAW me direz vous. Tout comme pour la photo, à une meilleure marge de manœuvre en post production. Et celle-ci est réellement notable.
Au final, que choisir ?
Mon conseil final : si vous bosser sur un projet pas important, ne nécessitant pas de colorimétrie et que la place sur votre disque dur des fichiers vous importe, vous pouvez filmez en 4:2:0 8bits. Dans tous les autres cas, je vous suggère de choisir le meilleur enregistrement, car vous ne pourrez pas « améliorer » ça en post-prod.